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Le salon du livre de DAX

13 Juin 2022, 14:55pm

Publié par Vincent Lalanne

« Rencontres à lire » de Dax

Récit de salon et autres commentaires.

 

A Sylvie et Annick de la Librairie Art et Livre,

avec mes remerciements pour leur chaleureux accueil.

 

 

Samedi 2 avril 2022. 14h.  

Square Max Maura devant la mairie.

 

Et voilà ! Je suis assis derrière la table de la librairie Art et Livre et j’attends les lecteurs. En arrivant et en voyant tous ces livres sur ces tables et le grand nombre d’auteurs présents ou qui vont venir, je me demande s’il y a au moins une personne qui sera intéressée par mon livre. C’est assez effrayant, en fait, d’être de ce côté de la table….

A côté de moi Pierre Assouline va venir signer son dernier roman après sa conférence. J’ai un peu le sentiment d’être un intrus. J’ai le trac.

Les gens pour l’instant fuient la table où je suis. Ils regardent les livres autour de moi et n’ont pas jeté un œil sur le mien…

Je tourne le dos au salon, au propre mais pas au figuré…en me retournant je vois qu’il y a pour l’instant plus d’auteurs assis à leur table que de public dans les allées.

Le salon est sous une grande tente et n’est en fait pas si grand…avant il se déroulait dans les salons de l’hôtel Splendid…

Un homme est passé devant moi, il a regardé mon livre avec un regard vide…

Une femme l’a regardé légèrement, un peu plus attentivement…

Une autre femme a fait un saut de regard et est passée des livres d’Assouline aux livres de la librairie sans même porter un regard sur ma pile de livres, ni même sur moi.

Un homme fait la technique de la marche arrière. Il est venu feuilleter un livre d’Assouline puis a subtilement fait une marche arrière, se redressant ensuite pour observer de loin le stand…

Derrière moi Yannick Haenel va venir signer tout à l’heure à 16h. J’avais apprécié son premier roman « Cercle » et un autre que j’ai beaucoup aimé et lu lors de notre voyage à la Réunion « Le sens du calme ». Je suis bien entouré…

Premier record ! une dame a regardé mon livre 2 secondes et deux autres m’ont dit bonjour.

Je me souviens que j’ai tenu un stand au salon du livre de Paris et patienté des heures ainsi pour présenter des livres sur l’histoire et le patrimoine de l’Essonne qui n’intéressaient personne…

Nouveau record ! 10 secondes !

Un homme a réussi à me dire bonjour avec un léger clignement du regard…

Une femme acquiesce légèrement de la tête en regardant mon livre…

Victoire ! Une dame habituée de la librairie a acheté mon livre…Marguerite…ce qui fait un livre à l’heure…j’ai fait un impair avec son prénom en disant que c’était le prénom de ma grand-mère (en fait de mon arrière-grand-mère) … évidemment ça a eu l’air de la contrarier.

Et un homme qui s’est présenté comme habitant de Saint-Martin-de-Seignanx m’a demandé si j’étais landais…

Le saut du regard peut se faire aussi avec un saut de pas en arrière.

Un homme revient du marché avec trois poches pleines de légumes dont je sens l’odeur.

Marie Jo ma cousine est passée et nous avons conversé longuement. Je lui ai dédicacé le livre qu’elle avait pris soin d’apporter. Nous avons parlé de l’édition du livre, de Nénette ma grand-mère qui lui avait parlé du travail qu’Anne Marie faisait sur sa mémoire familiale, des mémoires de son père Jacques, et d’une caisse de correspondance dont elle ne sait que faire et qu’elle souhaite me confier. Sa curiosité insatiable me surprend toujours, elle pose sans arrêt des questions sur tout et elle a une mémoire d’éléphant. Elle m’a dit qu’elle s’ennuyait depuis le confinement et qu’elle lisait beaucoup. Elle est inscrite à deux bibliothèques dont une diocésaine, emprunte des livres auprès de ma mère et en achète aussi beaucoup. Elle m’a dit aussi qu’elle a bien aimé le livre…elle sera à la lecture tout à l’heure.

Rien de vendu pendant cette seconde heure…

Le comble ! Une dame vient me parler des livres d’Assouline…du Dernier des Camondo qui doit bien être édité en livre de poche me demande-t-elle ? Nous avions bien aimé ce livre et visité la belle demeure des Camondo qui donne sur le Parc Monceau à Paris, j’étais aussi passé volontairement à l’escalier des Camondo de Galata lors de mon voyage à Istanbul. La nouvelle édition du livre est composée du texte d’Assouline et de belles photographies. Il est juste à côté de ma pile de livres.  

Un homme qui regarde mon livre me dit que Félix Arnaudin ne justifie pas qu’on fasse autant de livres sur lui…et que sur un autre stand il y a deux livres à son sujet…Il me dit aussi qu’il en a un chez lui qui est plutôt pas mal ????

Je suis aux premières loges pour assister à la signature de mon copain Assouline… la queue s’est formée, le grand auteur est arrivé et c’est parti, autant dire que je n’existe plus…

Je mets le masque, puis je le retire. Une lectrice lui offre un cadeau. Une autre veut lui parler de son article sur Umberto Éco qu’elle trouve très dur dans « Le Dictionnaire amoureux des écrivains et de la Littérature » qui a un portrait d’Arthur Rimbaud sur sa couverture.

Un homme prend une photo de sa femme avec l’Auteur. Les gens achètent frénétiquement ses livres pour avoir sa dédicace. Une femme prend une photo de l’Auteur.

La marée est passée, une douzaine de personnes, l’Auteur est au téléphone maintenant.

Il y a aussi celles et ceux qui regardent les stands avec distance, de peur certainement que les livres et leurs auteurs zombies leur sautent dessus.

Le début d’après-midi était calme, la vague Assouline a amené plutôt un flot de lectrices de plus de 50 ans, maintenant c’est l’heure des familles peu nombreuses mais quelques enfants courent.

Assouline est toujours au téléphone.

Sur mon stand il y a aussi celui qui fait semblant de s’intéresser à mon livre, qui marque un pas en revenant en arrière et en regardent dans le vague, puis repart vers d’autres ouvrages…

Le grand Auteur est parti, il repassera peut-être demain. Il a son train en début d’après-midi.

A cette heure 34 personnes ont « aimé » la photographie qu’a fait Simon et que j’ai posté sur Facebook, même Nicole du Canada. Ça me fait vraiment plaisir.

Maintenant il y a des groupies du grand auteur qui arrivent mais il n’est plus là. Peut-être demain, dit Sylvie la libraire…il est passé par ici, il repassera par là… il court, il court…

Il y a de l’agitation derrière moi… c’est Yannick Heanel qui arrive. Il attaque de front et signe debout... la queue est la même qu’Assouline, une douzaine de femmes de plus de 50 ans…

Un monde étrange où il y aurait une diversité d’auteurs pour une unité de lectrices. Ma surprise est de voir qu’il y a néanmoins pas mal d’hommes qui viennent de tous les âges…

Un monsieur me prend pour son ancien professeur de thermodynamique ou un membre de sa famille. Nous parlons de la réputation du nom de famille Lalanne et c’est la première personne à qui je parle du contenu du livre.

A 19h j’ai fait une lecture du conte des fées de la dune de Boumbet à la librairie Art et Livre devant une quinzaine de personnes dont 10 de ma famille.

 

 

Dimanche 3 avril -10h

 

Le dimanche matin est le temps des experts, le temps où les auteurs, les libraires et les éditeurs se visitent, font le tour des stands, échangent et discutent. C’est ce que je viens de faire pendant une heure. J’ai acheté trois livres et discuté avec plusieurs auteurs et plusieurs éditeurs de poésie et de beaux livres. Je découvre aussi la tension entre les éditeurs présents qui se retrouvent mélangés avec les tables des libraires et un peu noyés… même si, en fait, ils sont plus nombreux. Certains auteurs sont là pour vendre et sont un peu insistants. D’autres, plus timides, comme moi, disent simplement bonjour. Il y a plusieurs maisons d’édition de poésie. C’est assez intrigant de voir autant de poésie dans ce salon alors que c’est un champ littéraire peu fréquenté, « de niche », diraient les spécialistes. Je pense que la présence de ces éditeurs de poésie sur les salons est la condition même de la perpétuation de cette littérature.

Sylvie, la libraire, a redécouvert mon livre dans la lecture que j’ai faite hier et a écrit un joli cartel de présentation : « Mêlant conte et réalité, l’auteur nous emmène à la découverte d’un Félix Arnaudin solitaire, incompris et amoureux de la servante de la famille. L’histoire incongrue d’un rêveur. »

Mes tantes Fafou et Michou passent pour acheter deux livres pour des amies. Nous parlons de la famille et de la remise de la médaille de la légion d’honneur qu’une de leurs amies a reçu hier à la mairie de Bayonne.

Ça s’agite derrière moi chez un éditeur de poésie…

Repas au Splendid qui n’a rien perdu de son charme mais dont les plats s’avèrent décevants. Nous y avons passé néanmoins un bon moment. Champagne à l’apéritif offert par Maman et vin blanc de Capbreton fort bon…

J’ai bu un peu trop de vin blanc et je suis un peu abruti. Le début d’après-midi est calme.

Ce matin j’ai échangé avec le représentant des Éditions Confluences qui ont édité les œuvres complètes de Félix Arnaudin… une conversation d’ « ardinauphiles » ! Il ne m’avait pas répondu alors que je lui avais envoyé mon manuscrit. Il s’en excuse et m’invite à la conférence de cette après-midi. Je lui achète la bio qu’il vient d’éditer. Je ne suis plus « ardinauphile » et je pense que ma relation à ce personnage étrange et dont l’histoire est addictive est en train de changer… Je suis dans le coin Arnaudin ; Outre les éditions Confluences il y a des libraires qui vendent aussi du Arnaudin et les éditions Passiflore qui présentent un ouvrage de photographies « Félix Arnaudin 100 ans après » (il est mort en effet il y a un siècle exactement). Ouvrage que j’avais acheté à la librairie Art et Livre lors de la visite de préparation de ma venue.

L’après-midi le public paraît plus mélangé, de nouvelles têtes apparaissent du côté des auteurs.

Un homme avec un œil au beurre noir rentre par la sortie de secours et fait un tour lointain des stands.  Un autre homme a fait aussi un tour à un mètre de distance…c’est l’heure des visites de loin. Un autre homme fait de même…c’est une attitude masculine certainement.

60 personnes ont aimé la page de ma photo au salon.

Jean Hubert Gailliot, que je ne connais pas, vient d’arriver pour ses dédicaces. Il écrit des romans d’aventure et codirige une maison d’édition à Auch Tristram. Il vient de faire une conférence et a un échange avec une lectrice qui achète son livre.

Ça s’agite, ça s’agite et ça circule…

Il y a une femme qui s’est faite une tête de champignon avec son béret.

On me prend en photo et je pose, Jean Hubert aussi mais plus professionnellement que moi…

Une femme cherche Assouline, mon ami…il n’est définitivement plus là…

J’ai acheté un livre à l’auteur qui est juste derrière moi, nous avons discuté…mais pour l’instant il ne s’est même pas retourné pour me demander ce que j’ai écrit et ce que je présente. Les auteurs, solitaires en écriture, le sont aussi en représentation, chacun a son affaire à tenir.

Je n’aurais pas dû boire ce vin… j’ai envie de faire la sieste.

C’est aussi l’heure de la veste car le chauffage ne fonctionne pas depuis un moment. La soufflerie chauffante qui est juste à côté du stand marche de façon alternative et nous passons sans arrêt du froid des courants d’air au surchauffage d’air pulsé.  

Le chauffage est revenu, ouf …

Nicole, une cousine, est passée. Nous avons bien discuté de la famille Mariengeas, de la villa de Vieux Boucau, de sa cousine Marie José venue me voir hier, de son mari Michel qui n’a pas voulu venir hier soir de peur de prendre la place de quelqu’un.

Il est déjà 17h, le temps est passé très vite…

Je n’ai pas vu beaucoup de lecteurs cette après-midi…Aucun livre vendu …

J’ai bien discuté de la situation des relations entre les libraires et les éditeurs…des marges qui se réduisent, des pourcentages qui diminuent.

On entend des voix d’enfants qui sont en atelier.

Derrière moi un créateur de BD fait ses dédicaces au pinceau, la classe !

Ça reste toujours un peu, les passages de loin.

En fait il y a deux types d’auteurs : des permanents comme moi qui restent plus d’une journée et des auteurs de passage qui ne viennent ici que pour se montrer, trois petits tours et puis s’en vont…Beaucoup d’auteurs ont plusieurs livres en présentation.

Je pense que j’ai trouvé un éditeur à solliciter pour « Résine » à Mont de Marsan.

Jean Hubert Gailliot n’a pas vendu autant de livres que moi, j’en suis en tout à 13…Sylvie en avait prévu 40, il lui en reste 27.

Tout à coup une agitation s’empare du salon, les premiers rangements de stands. Il est 17h. Dehors le foodtruck qui proposait le matin du café contre un coupon et l’après-midi du thé parce qu’il n’avait plus de café est parti.

A 18h00 nous sommes à la gare qui est fermée pour travaux. Nous attendons le train dans la boutique Relais en mangeant des fraises Tagada. Demain je suis à mon bureau, mardi à Paris et mercredi à Lyon pour parler lecture publique et réformes territoriales devant une vingtaine de bibliothécaires.

J’aimerais bien revenir à Dax pour ces Rencontres à Lire. On m’a parlé du salon de Geaune dans le Tursan qui se déroule au mois d’octobre. Peut-être irai-je au salon d’Hossegor en début d’été ?

 

Le mercredi 13 avril 2022 (jour de mon anniversaire)

  

 

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